Les biosimilaires font bouger les choses dans l’accès aux médicaments

Combien de temps êtes-vous prêt-e à attendre avant d’obtenir le meilleur traitement possible pour une maladie chronique? Probablement pas plus longtemps qu’absolument nécessaire! Plus il y a de biosimilaires qui arrivent sur le marché, plus les patients ont accès rapidement à des traitements biotechnologiques modernes. C’est ce que montre une étude actuelle menée en Bavière.

Sur une période de six ans (2014-2019), la Kassenärztliche Vereinigung Bayerns (union des médecins conventionnés de Bavière, KVB) a examiné quels médicaments les médecins bavarois ont prescrit à leurs patients atteints de rhumatismes. La période étudiée n’a pas été choisie par hasard: en effet, en 2015, un premier produit d’imitation fabriqué par voie biotechnologique (un «biosimilaire») pour le traitement de maladies rhumatismales est arrivé sur le marché. L’objectif de l’étude était de déterminer l’impact que peut avoir l’introduction de biosimilaires sur l’accès à des médicaments biotechnologiques modernes. L’étude était composée d’une analyse de données de facturation et de médicaments et d’une grande enquête auprès des patients.

Un accès beaucoup plus rapide au meilleur traitement possible

L’analyse a révélé une évolution de la pratique de prescription au cours de la période d’observation: tandis que l’utilisation de stéroïdes systémiques comme la cortisone a stagné, voire reculé, les préparations fabriquées par voie biotechnologique, les agents biologiques, ainsi que leurs produits d’imitation, les biosimilaires, ont été prescrits assez souvent. Selon la KVB, l’étude montre que l’accès des patients à ces traitements innovants est devenu de plus en plus facile et rapide grâce à l’introduction de nouveaux biosimilaires au cours des années 2015, 2016 et 2018. Avant l’introduction du premier biosimilaire autorisé pour leur maladie, les patients atteints de rhumatismes ont été traités par des médicaments synthétiques traditionnels en moyenne pendant 7,4 ans avant qu’un agent biologique soit utilisé. Ce «délai d’attente» s’est raccourci avec chaque biosimilaire autorisé de sorte qu’il n’est à ce jour – après l’arrivée sur le marché de différents biosimilaires – plus que de 0,3 an en moyenne!

Une meilleure qualité de vie grâce aux nouveaux traitements

Cet accès plus rapide à des médicaments fabriqués par voie biotechnologique – que ce soit la préparation originale ou un produit d’imitation – améliore grandement la qualité de vie des patients. Contrairement aux traitements synthétiques traditionnels, ces traitements offrent des avantages déterminants lors du traitement de maladies auto-immunes graves: les agents biologiques et les biosimilaires agissent très rapidement, généralement en quelques jours seulement, et ils sont souvent aussi efficaces chez les patients qui n’ont pas ou pas suffisamment répondu aux traitements traditionnels.

La préparation originale et le biosimilaire sont tout aussi efficaces

L’étude bavaroise a non seulement comparé les traitements biologiques et synthétiques, mais aussi les traitements biologiques entre eux, c’est-à-dire les biosimilaires et leur préparation originale. Cette analyse a révélé que la première instauration d’un traitement se portait un peu plus souvent sur une préparation originale. Dans l’ensemble, plus de patients sont passés d’une préparation originale à un biosimilaire; le changement inverse ne s’est que rarement produit. L’efficacité des préparations originales et des biosimilaires était comparable. Tous deux ont eu presque le même effet sur les paramètres de santé objectifs mesurés.

Deux fois moins de biosimilaires en Suisse

L’étude des médecins conventionnés de Bavière a montré l’influence déterminante que peuvent avoir les biosimilaires sur la prise en charge de patients atteints de maladies chroniques graves. Ils contribuent à réduire le délai jusqu’à l’utilisation d’un traitement moderne – plus il y a de biosimilaires autorisés, plus l’effet est fort.

On ne dispose malheureusement d’aucune étude comparable pour la Suisse à ce jour. On peut toutefois supposer que les biosimilaires n’ont pas encore pu générer chez nous l’évolution positive observée en Bavière. En effet, alors que près de 60 biosimilaires sont actuellement sur le marché dans l’UE, il y en a deux fois moins chez nous. Et même les biosimilaires autorisés ne sont prescrits qu’avec hésitation. Il reste à espérer que les choses changeront bientôt aussi en Suisse dans le domaine de la prise en charge et que nos patients bénéficieront d’un accès aussi rapide que possible à ces traitements modernes.

Pour de plus amples informations sur l’étude (disponible en allemand seulement): https://probiosimilars.de/presse/versorgung/studie-biologika-und-rheuma-patienten/

Par Roger Konrad, Network Biosimilars CH

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